Jorge Carrascoun artiste bolivien d’exception

Né le 4 mai 1919 à La Paz, en Bolivie, Jorge Carrasco est un peintre-sculpteur visionnaire qui a marqué le XXe siècle par sa créativité débordante et son engagement. De l’invention précoce d’un Pop Art en Amérique latine à la réalisation de fresques monumentales dans l’église du Menoux, dans l’Indre, sa vie et son œuvre témoignent d’une intense passion pour l’Art, l’Amour et l’Humain.

De l’Amérique latine à l’Europe

Les voyages de Carrasco à travers l’Amérique latine l’amènent à exposer dans plusieurs pays (Pérou, Colombie, Venezuela, Brésil…), où il rencontre un vif succès. Sa curiosité artistique et son intérêt pour les injustices sociales nourrissent une œuvre engagée, portée par une volonté de “donner la parole” à chaque culture.

Dans les années 1950, il découvre l’Europe, participe à des biennales (Sao Paulo, Venise) et côtoie de grands noms comme Picasso, Cocteau, Soulages ou Klein. Cette période conforte son désir de créer un art accessible à tous, un « Art pour le Peuple ».

Un ancrage dans le Berryl’église du Menoux et l’Atelier Carrasco

En 1968, Carrasco s’installe avec sa famille dans le petit village du Menoux, en région Centre-Val de Loire. Il y trouve un environnement propice à l’inspiration et se lance dans la création de ce qui deviendra l’une de ses plus grandes réalisations :

Ces deux lieux sont aujourd’hui essentiels pour comprendre l’évolution artistique de Carrasco
et la spiritualité qu’il insufflait à son œuvre.

L’Art, jusqu’au bout

Naissance

Jorge Carrasco est né à La Paz en Bolivie, le 4 mai 1919. Tout enfant, lors des séjours dans la propriété familiale d’Achocalla, il découvre la vie des indigènes, partage les jeux des enfants et fabrique avec eux de petites figurines d’argile traditionnelles, dont il dit qu’elles furent ses premières sculptures. A La Paz, sa mère l’initie à l’art du dessin et de la peinture, tandis que lui, observe les Indiens en train de tailler à la main les blocs de granit qui serviront à paver les rues de la capitale.

Découverte de l’Amérique latine.

Ses études secondaires terminées, Jorge part travailler pendant un an dans les mines de wolfram (tungstène). C’est au cours de cette année qu’il prend conscience de la dimension cosmique de la terre et de la pierre, mais aussi de l’injustice sociale. Il décide alors de parcourir son pays et de le donner à voir dans ses aquarelles. Il exerce comme professeur d’Art Plastique à l’Institut Normal Supérieur et à l’Académie des Beaux-Arts de la Paz.

Tournée sud-américaine et Pop-Art.

Participation au 5ème salon des Aquarellistes de Lima (Pérou) où il obtient le 1er prix. Encouragé par ce succès il quitte la Bolivie pour le Pérou, en 1946. Il entame une série d’expositions dans toute l’Amérique Latine. Ses recherches et son projet le conduisent en Colombie, au Venezuela, au Chili, au Panama, au Brésil, en Uruguay et en Argentine. C’est à cette époque qu’il invente « l’Art pour le Peuple » : « le POP ART ».

Première peinture murale.

Il part en Equateur où il réalise en sa première peinture murale à la Maison de la Culture de Quito, aux côtés de deux peintres de renom : Guerrero et Paredes. Puis il voyage et peint tout ce qui lui paraît être une affirmation de l’identité sud-américaine.

Enseignement et œuvres Tiahuanaco.

De retour à La Paz, en 1950, il enseigne les Arts Plastiques à l’Institut Normal Supérieur et à l’Académie des Beaux-Arts de La Paz, tandis qu’il découvre dans sa ville la présence d’œuvres de la civilisation Tiahuanaco (ou Tiwanaku), se bat pour qu’elles prennent place dans plusieurs musées de la capitale. C’est aussi à cette époque, en tant que conseiller municipal de La Paz qu’il propose la création du musée national et du Salon d’art Bolivien Pedro Domingo Murillo.

Biennale au Brésil

Envoyé comme représentant de la Bolivie à la deuxième Biennale de Sao Paulo (Brésil), Carrasco expose aux côtés de Picasso et Matisse, avant de partir réaliser de grandes fresques murales sur la production du sucre, à Rio de Janeiro. Il propose et crée le Musée National et le Salon d’Art Bolivien « Pedro Domingo Murillo », en tant que Conseiller Municipal de La Paz.

Biennales en Europe

L’année suivante, Jorge Carrasco part à la découverte de l’Europe. Il se rend en Italie à Gênes, puis Venise où il participe, en tant que représentant de la Bolivie, à la Biennale de Venise, puis ce sera l’Espagne, la France, la Suède, l’Angleterre, l’Allemagne et la Suisse.

Retour en terres boliviennes

C’est avec Simone et leurs premiers enfants qu’il décide de rentrer en Bolivie, mais l’assassinat de son frère qui avait dénoncé un trafic de drogue entre la Bolivie et le Pérou l’oblige à quitter la Bolivie très rapidement. La famille s’installe à Caracas (Venezuela) où Carrasco enrichit son expression en abordant avec succès le dessin animé. Il travaille même sur des programmes éducatifs pour la télévision vénézuélienne, tandis que continuent à s’organiser des expositions en Amérique latine et en Europe.

Première exposition Pop Art

En 1959, il réalise la première exposition de « Pop Art » en compagnie de 14 autres artistes, dont Alfredo Laplaca, Armando Pacheco et Arnal.

Invité des États-Unis et de la France

En 1966, invité par le Département d’Etat, il est l’hôte des Etats Unis. Pendant la même année, il est également invité par le ministère des Affaires Culturelles en France.

Le Menoux...

En 1968, il s’installe avec sa femme et ses cinq enfants en France. Ils choisissent un petit village du Berry, village natal de sa femme : Le Menoux dans l’Indre. Carrasco peut enfin pleinement partager son temps de création entre la peinture et la sculpture.

C’est aussi dans ce village, qu’il va couvrir (bénévolement) murs et plafonds de l’église. Au total, plus de 400m2 de peintures murales réalisées pendant huit ans entre 1968 et 1976.

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Dans le même temps, ses recherches l’amènent à utiliser tous les supports, tous les matériaux comme fondement de ses idées. Il redécouvre la troisième dimension. Il arrache au bloc de pierre, d’admirables formes arrondies, polies à l’extrême, qui appellent à la caresse. La sculpture devient son activité principale. Son Art chevillé au corps, il expose en France et dans toute l’Europe et continue son parcours à travers le monde.

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On le retrouve notamment en Suisse en 1971, au Luxembourg en 1979, à l’Orangerie de Bagatelle à Paris en 1980, au musée Saint-Roch (Issoudun) en 1985, à l’Espace Richelieu à Paris en 1990 ou encore à Toulouse en 1991 et Tarascon sur Ariège en 2000.

Et puis il y a l’Indonésie et les Emirats Arabes Unis pour des expositions prestigieuses à Jakarta en 1994 et 1995 et à Sharjah en 1997

Toile gigantesque

Infatigable, passionné, toujours aussi concerné par ce qui se passe dans le monde entier, toujours aussi révolté face à l’injustice et la violence, Carrasco a vécu dans la douleur les attentats du 11 septembre 2001 et leurs conséquences sur le monde. Une fois de plus il a voulu témoigner de son engagement d’homme et d’artiste qui ne croit qu’en l’Amour, en réalisant une toile gigantesque de 9 mètres de hauteur sur 4 mètres de largeur !

Les derniers jours de Carrasco

En juillet 2006, Carrasco nous quitte, terrassé, en quelques mois seulement, par la maladie. Il travaillera et demandera à ses proches, des toiles, de la peinture et des pinceaux jusque sur son lit de mort. Carrasco laisse derrière lui une œuvre immense répandue à travers le monde. L’association « Les Amis de Carrasco » s’est donnée pour tâche de recenser toutes ses créations et de continuer à faire vivre cet artiste hors du commun en organisant diverses manifestations autour de son Art, sa Vie.
4 mai 1919
1943
1945 – 1946
1947
1950
1953
1954
1958
1959
1966
A partir de 1968
11 septembre 2001
2006 : l’art jusqu’au bout

L’Art est le résultat d’une vie entière, sacrifiant toute vanité et orgueil, toute commodité, l’Artiste apprenant à se connaître lui-même vit en fonction de son art

Un art multiplepeinture, sculpture et géométrie imparfaite

La peinture

Des premières aquarelles représentant la Bolivie à ses fresques gigantesques, Carrasco capture la force de la vie et célèbre l’amour universel. Son style coloré, souvent qualifié de « Pop Art précurseur » en Amérique latine, se double d’une dimension cosmique et engagée.

La sculpture

Travaillant la pierre de multiples provenances (marbre de Carrare, granit noir de Suède, onyx d’Argentine, serpentine…), Carrasco crée des formes sensuelles et organiques. Ses sculptures, posées dans un équilibre en apparence instable, traduisent sa quête d’une “géométrie imparfaite” célébrant l’harmonie entre l’homme et la nature.

Les expositions de Carrasco

Jorge Carrasco a exposé un peu partout dans le monde entre 1941 et 2004 !

Depuis sa disparition, l’association « Les Amis de Carrasco », créée à l’initiative de la famille et des amis de l’artiste, s’est donné un but précis : recenser toutes ses créations et continuer à faire vivre cet artiste hors du commun, notamment avec la création du Fonds de Dotation Jorge Carrasco, mais aussi par l’organisation d’expositions et rétrospectives.

1943 – Exposition au Salon de la Chancellerie à La Paz (Bolivie)

1944 – Expositions à Oruro, Cochabamba, Potosi, Sucre (Bolivie)

1945 et 1946 – Expositions à Lima (Pérou) et à La Paz (Bolivie)

1947 – Expositions à Cali, Bogota, Medellin, et Carthagène (Colombie).

1948 – Expositions à Maracaïbo, Caracas et Valencia (Venezuela).

1949 – Expositions à La Paz et Sucre (Bolivie)

1950 – Expositions à la Galerie Municipale de La Paz (Bolivie)

1952 – Expositions au Chili et en Bolivie

1954 – Exposition à la Galerie Sud-Américaine à New-York (USA)

1955 – Exposition Maison de l’Amérique Latine à Paris (France)

1956 – Exposition à Stockholm (Suède)

1958 – Exposition Galeries Bollag à ZURICH (Suisse) – Exposition Galerie Otto Fischer à Bielfeld (Allemagne)

1960 – Exposition Galerie Aquavella à Caracas (Venezuela)

1962 – Exposition Galeries Grafton à Londres (Angleterre)

1963 – Exposition Centre Allemagne à La Paz (Bolivie)

1965-1966 – Exposition Peña Nayra à La Paz (Bolivie)

1967 – Exposition Banque de Paris et des Pays-Bas à Bruges (Belgique) – Exposition Muntentoren à Deventer (Pays-Bas)

1968 – Exposition Galerie du Sfinx à Amsterdam (Pays-Bas) – Exposition Union Pan Américaine à Washington (USA) – Exposition Kasteli Van Schoten, Parc Centrum à Anvers (Belgique)

1971 – Exposition Galerie Numaga à Auvernier (Suisse)

1972 – Exposition Galerie Borne à Châteauroux (France)

1975 – Exposition Maison des Jeunes et de la Culture de Montmorillon (France)

1977 – Exposition Galerie l’Astragale à Lyon (France) – Exposition Galerie l’Œil 2000 à Châteauroux (France) – Exposition Galerie Claude-Marie à Beaumont (Calvados ‑ France)

1979 – Exposition Galerie La Cité (Luxembourg) – Exposition Maison des Jeunes et de la Culture Auxerre (France) – Exposition Mairie de Châteauroux (France)

1980 – Exposition Orangerie de Bagatelle à Paris (France)

1982 – Exposition Maison pour Tous à Fontenay-sous-Bois (France)

1983 – Exposition Galerie Perspective à Paris (France) – Exposition Syn Art à Paris (France) – Galerie du Marais Franc-Bourgeois à Paris (France)

1984 – Galerie Aéroport d’Orly (France)

1985 – Exposition musée Saint Roch à Issoudun (France) – Exposition Garden Galery à Nice (France)

1986 – Exposition Syn. Art à Paris (France)

1987 – Exposition Garden Galery à Nice (France)

1988 – Exposition dans son atelier à Paris (France) – Exposition Atelier Chabreuil à Paris (France) – Exposition Hydro Aluminium à Châteauroux (France)

1989 – Exposition Les Dryades à Pouligny Notre‑Dame (France)

1990 – Exposition Espace Richelieu à Paris (France) – Exposition Vidéotel à Toulouse (France) – Exposition Salle des Océanes à Pornichet (France)

1991 – Exposition Espace AGF à Toulouse (France) – Exposition Centre Culturel Aérospatiale à Toulouse (France) – Exposition Galerie AA à Paris (France)

1994 – Exposition World Trade Center à Jakarta (Indonésie)

1995 – Exposition Kraton à Yogyakarta (Indonésie)

1996 – Exposition CIO à Tours (France) – Exposition Galerie La Pétrusse (Luxembourg) – Salon de Gargilesse (France)

1997 – Invité d’Honneur à la Biennale Internationale de Sharjah (Emirats Arabes Unis)

1998 – Exposition Château des Planches à Saint-Maur (France)

2000 – Invité d’honneur Salon de Tarascon sur Ariège (France)

2003 – Exposition Cloître des Billettes à Paris (France)

2008 – Rétrospective musée de la Vallée de la Creuse à Eguzon (Indre)

2012 – Exposition Cloître des Billettes à Paris (Paris – 4ème) – Rétrospective Château des Planches à Saint-Maur (Indre)

2014 – Exposition Lycée Rollinat à Argenton-sur-Creuse (Indre)

2015 – Exposition Château de Chabenet (Indre)

2019 – Exposition Office de Tourisme du Châtillonnais en Berry à Châtillon-sur-Indre (Indre)

2020 – Exposition Château de Tours à Tours (Indre et Loire)

2021 – Exposition Couvent des Cordeliers à Châteauroux (Indre)

Héritage et rayonnement

Jusqu’à sa disparition en juillet 2006, Carrasco n’a cessé de peindre, de sculpter et de questionner le monde. L’association Les Amis de Carrasco, fondée par ses proches, s’emploie à :

Recenser

toutes ses créations
(présentes dans de nombreux pays).

Préserver et restaurer

les œuvres majeures
(notamment l’église du Menoux).

Exposer et diffuser

l’héritage artistique et philosophique de Carrasco, fidèle à sa maxime :
« L’Art est Amour, l’Amour c’est la Vie ! ».

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